Julien Green

Varouna

France   1940

Genre de texte
roman

Contexte
Ce sont les dernières lignes du roman.

L'histoire de Hoël se déroule il y a plusieurs siècles, celle d'Hélène au Moyen Âge et celle Jeanne au début du XXe siècle. Ces trois histoires en impliquent plusieurs autres, toutes liées par une chaînette que Hoël trouve sur la plage au début du roman, chaîne qui vient du fond des âges et que Jeanne retrouvera au British Museum à la fin. On trouve ici les dernières lignes de son journal, datée de mai 1914.

Dans la bibliothèque de leur nouvelle demeure londonnienne, Jeanne rédige en quelques mots sa conviction que sa rencontre avec Louis tient du miracle, un peu comme cette chaînette, « redécouverte » dans une vitrine du British Museum, qu'ils avaient tous les deux déjà vue dans leurs rêves.

Notes
Hélène Lombard: héroïne de la seconde partie du roman à laquelle Jeanne a déjà rêvé.

Commentaires
Varouna est un roman fantastique et plus précisément un récit d'aventures fantastique se présentant sous la forme du conte merveilleux au début et du journal intime à la fin. Il comprend une quinzaine de rêves. On trouve ici le dernier rêve de Jeanne. On donne aussi comme échantillon le premmier des rêves de Haël, qui ouvre le roman, au second chapitre.

Texte témoin
Julien Green, Varouna, Paris, Plon (coll. « La Palatine »), 1940, p. 278-279.

Édition originale
Julien Green, Varouna, Paris, Plon (coll. « La Palatine »), 1940, p. 278-279.

Édition critique
Julien Green, Œuvres complètes, éd. Jacques Petit, vol. 2, Paris, Gallimard (coll. « Bibliothèque de la pléiade »), 1972, « Épaves », p. x-y.

Bibliographie
FIELD, Trevor, « The litterary significance of dreams in the novels of Julien Green », Modern Language Review, Cambridge, 1980, no 75, p. 291-300, notamment p. 294-295.




Le dernier rêve de Jeanne

La chaîne et la croix

Je note aussi le rêve qui m'a visitée tout à l'heure, alors que je sommeillais sur une chaise longue. Il m'a semblé que la petite Hélène Lombard s'approchait de moi dans une lumière de crépuscule et m'appelait à mi-voix : « Jeanne, disait-elle, cette chaîne que vous portez au cou... ». J'avais, en effet, une chaîne autour du cou, la chaîne magique, la chaîne dont je crois parfois sentir les anneaux sous mes doigts. « Ne vous étonnez pas, dit alors la femme au voile de neige. Cette chaîne est bien à vous. Souffrez seulement que j'y joigne ceci ».

Et de ses mains délicates, elle y attache une croix.

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