Samuel Taylor Coleridge

Collected Letters

Angleterre   1797

Genre de texte
Lettre

Contexte
Ce récit est tiré d’une lettre de Coleridge, né en 1771, à son ami Thomas Poole, le 16 octobre 1797. Dans cette lettre, il fait le récit des dix premières années de sa vie.

Texte original

Texte tmoin
Collected Letters of Samuel Taylor Coleridge, Volume 1: 1785-1800, Ed. Earl Leslie Briggs, Oxford: Clarendon Press, 1956, p. 352-355. Notre traduction [CV].




Rêve prémonitoire

Son père a vu la Mort

Vers la fin de septembre 1781, mon père s’en fut à Plymouth avec mon frère Francis, qui devait partir en tant qu’aspirant sous le commandement de l’amiral Graves, qui était un ami de la famille. Mon père installa mon frère et prit le chemin du retour le 4 octobre 1781. Il arriva à Exeter vers six heures et les Hart le pressèrent de prendre un lit, mais il refusa et pour mettre fin à leurs prières, il leur dit qu’il n’avait jamais été superstitieux, mais qu’il avait eu la nuit précédente un rêve qui lui avait fait une forte impression.

Il rêva que la Mort lui était apparue, telle qu’on la dépeint d’habitude, et qu’elle l’avait touché de son trait. Eh bien, il s’en retourna alors chez lui, et quand il arriva toute sa famille, sauf moi, était debout. Il raconta son rêve à ma mère. Mais il était en bonne santé et de bonne humeur et il y avait un bol de punch et mon père fit un compte rendu détaillé et long de son voyage : qu’il avait placé Frank sous les ordres d’un capitaine qui avait de la religion, etc. A la fin, il alla se coucher, se sentant très bien et en grande forme. Peu après qu’il se fut couché, il se plaignit d’une douleur au ventre, ce qui lui arrivait, à cause des gaz et ma mère lui donna un peu d’eau à la menthe. Après une pause, il dit : «Je me sens beaucoup mieux maintenant, chère!» et il se recoucha. Moins d’une minute plus tard, ma mère entendit un bruit dans sa gorge et elle lui parla, mais il ne répondit pas et elle lui parla en vain. Son cri me réveilla et je dis «Papa est mort» — j’ignorais tout du retour de mon père, mais je savais qu’il était attendu. Comme j’en suis venu à penser à sa mort, je ne sais, mais c’est ainsi. Il était mort. Certains disent que c’était la goutte dans le cœur — probablement, c’était une crise d’apoplexie.

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